Jeudi 31 janvier 2008
C'est juste un mot depuis un cyber a Hyderabad.

On est fatigues par de nombreuses heures de bus et de train.

On est asphyxies par la fumee des vehicules de la ville.

On est degoutes par les draps crasseux et l'enorme ratatouille de l'hotel.

On commence a rever d'une salade tomate mozza avec un p'tit verre de rouge.

Mais a part ca, on ne peut pas se plaindre...

Prochaine etape, Hampi... depart samedi 17h25 et arrivee dimanche matin a 5h15 a Hospet. De la, il n'y aura plus QUE 1 heure ou deux de bus...

Ah c'est pas facile tous les jours, les vacances.

Bises bises, portez-vous bien


Merci pour vos commentaires. Dada, je vois que notre alsace natale reste chere a ton coeur... ca m'etonne toujours. Bravo Cat pour avoir si bien rebondi. Et merci Ann pour les voilages a la plage... on peut voir les choses comme ca, c'est sur. PO-SI-TI-VONS !!!!

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Mercredi 23 janvier 2008
A Konark, il  n'y a pas que le Temple du Soleil, mais aussi la plage immense...

On y est restes scotches 6 jours


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Les doigts de pied en eventail



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ou, plus local, en Namaskar



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Idyllique…

Pour célébrer la beauté du lieu, et se dérouiller, un peu de yoga sur la playa. Pas longtemps car très vite les Indiens arrivent, trop contents de venir nous serrer la main, faire la photo et tutti quanti.



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TROP fort, jicé !


Moi pas si forte, quelques petites salut’ et c’est tout.


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Après, bain de mer en tenue ad-hoc. J’ai bien mis mon maillot en dessous (une pièce, haute-protection !) mais je le sens pas trop de me déshabiller. Alors trempette indienne. Pas marrant d’être une femme en Inde… même pas le droit de profiter de la mer.

 
 
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Idyllique, disais-je ????

 

Euh… les plages idylliques en Inde, si vous en connaissez, faites-moi savoir. Parce qu’il y a toujours quelque chose qui cloche dans le décor paradisiaque.

 
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Ici ce sont les cadavres de tortues de mer qui se font prendre dans les filets des pêcheurs ou heurter par les bateaux et qui viennent mourir sur la plage. C’est la saison de la ponte et normalement elles devraient venir par milliers la nuit déposer leurs œufs ici.

Quand on y était il y a 3-4 jours, il n’y en avait que quelques-unes, dans différents états de décomposition (eh oui, India, la vie, la mort toujours) mais j'ai lu aujourd'hui que depuis, des milliers étaient venues s'échouer exactement là sur cette plage. Et que les corbeaux et les chiens se régalaient, mais l'odeur pestilentielle avait fait fuir les touristes.

 

Histoire de se remettre, on se dirige vers le village de pêcheurs

 
 
moi…
 
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et elle….

 
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Avec tous ces poissons qui sèchent, l’odeur est pas terrible…

 
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L’ambiance n’est pas terrible non plus. Les huttes sont rudimentaires, juste des feuilles de palmes tressées, les gamins morveux, les regards peu amènes.

 
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Un chameau de plage… pour promener les touristes le long du rivage. Quand je dis touristes, il faut bien avoir en tête qu'il s'agit des touristes indiens, très nombreux sur cette côte de l'Orissa.

 

On se retrouve vite avec quelques gamins qui demandent school pen et autres rupias… C'est pas souvent que ca arrive, et tres vite on fait connaissance, ils parlent à peine anglais.

Celui-ci ne parle aucune langue, il a une malformation quelque part et articule des sons bizarres. Ce qui ne l’empêche pas d’être très communicatif et d’arriver à se faire comprendre sans problème.

 
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P’tit dur…

 

Trop contents de faire les keks.

 
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Il semble qu’il s’agit d’une communauté de pêcheurs venus de l’Etat voisin, l’Andra Pradesh car les gens de l’Orissa sont davantage tournés vers le travail de la terre que vers la mer. On nous a dit que l'argent ne manquait pas car la pêche est bonne, mais que les conditions de vie restent déplorables. Alcool, manque d'éducation, certainement aussi stigmatisation (ce sont des 'étrangers'), le cocktail habituel. Et les victimes habituelles aussi, femmes et enfants (qui participent et reproduisent le schéma). Décourageant…Et tellement dommage, ces gamins sont si vifs, si curieux, si ouverts. On a envie qu'ils aient leur chance dans la vie.

Demain peut-
être, l'avenir sera meilleur pour eux aussi. On l'espere tres fort.







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Mercredi 23 janvier 2008
En reponse a Martine qui se demande quelle est l'odeur de l'Inde, je ne resiste pas a l'envie de recopier ce texte que j'ai deja diffuse par mail dans le passe (desole, ya pas les accents, mmxm, lol)> Ca ne parle pourtant pas des odeurs... mais le titre oui.

Il suffit de considérer leur manière de dire oui. Au lieu de hocher la tête comme nous, ils la secouent, comme quand nous disons non : la différence de geste n’en est pas moins énorme. Leur non qui signifie oui consiste dans une ondulation de la tête (leur tête brune, dansante, avec cette pauvre peau noire, qui est la couleur la plus belle que puisse avoir une peau), avec tendresse : dans un geste empreint de douceur : « Pauvre de moi : je dis oui, mais je ne sais pas si c’est possible ! », et d’embarrras, en même temps : « Pourquoi pas ? », de peur : « C’est si difficile », et même de coquetterie : « Je suis tout pour toi. » La tête monte et se baisse, comme légèrement détachée du cou, et les épaules ondulent également un peu, avec un geste de jeune fille qui vainc sa pudeur et montre effrontément son affection. Vues de loin, les foules indiennes restent gravées dans la mémoire, avec ce geste d’assentiment, et le sourire enfantin et radieux dans le regard, l’accompagnant toujours. Leur religion tient dans ce geste.

 

Pier Paolo Pasolini ‘L’odeur de l’Inde’ 1962

Oui l'Inde est tres odorante. Pas toujours pour le meilleur, c'est vrai. Il y a les odeurs naturelles, celles de la vie et de la mort, des humains (qui ne sentent quaiment jamais la transpiration, un mystere boule de gomme), des animaux, des plantes. L'encens bien sur. Le jasmin dans les cheveux des femmes au Sud (pas ici, malheureusement). Et puis la p... d'odeur d'essence dans les villes. Et les usines chimiques, terribles...


 


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Samedi 19 janvier 2008

1h30 de minibus sur une route lisse comme un tapis de velours pour rejoindre Konark.

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Pendant la première demie-heure, je partage le siège (pour deux) avec deux petites dames toutes vieilles et toutes menues. C'est toujours hallucinant de voir le nombre de gens qui arrivent à s'entasser dans un espace donné. Quand chez nous ce serait archi-plein, on en met encore une fois autant. Les passagers debout dans l’allée centrale sont sur deux rangées parallèles, et pourtant l’allée n’est pas large. Aujourd'hui j’ai vu passer un espèce d’utilitaire qui transportait trois Blancs (des balèzes, il est vrai) et un peu plus tard, un véhicule similaire contenait au moins 25 femmes. Puis un 4x4 est arrivé, j'ai compté, ils étaient 11 adultes et 3 enfants ! Ces gens sont nombreux.... Plus d’un milliard, je crois… C’est BEAUCOUP.

 

En route, le sac de Jicé est tombé du toit du bus, mais a heureusement été récupéré tout de suite. Bilan : la bouteille de Vodka en alu de l’aéroport de Frankfurt toute cabossée (mais pas cassée, ouf) et le sel Cérébos pour se nettoyer le nez à l’eau salée a explosé. Autrement, rien. Ben oui, on a pris cette petite habitude de s’acheter une bouteille de vodka Cranberry-Raspberry en passant à Francfort, et de temps en temps on s’en boit une petite lampée… Notre seul péché dans un régime par ailleurs très sain (saint).

 

Konark, c’est un petit village à 3km du bord de mer qui s’est édifié autour du Temple du soleil, un ouvrage gigantesque du 13ème siècle dont il reste cette partie centrale.

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Le temple représente un char solaire posé sur 24 énormes roues. C’est un hymne à l'amour, disent les guides, amour divin, amour des arts et amour humain.

 

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Amour divin : Surya, le dieu soleil. Une haute tour sanctuaire accolée à l’arrière du temple contenait les représentations du dieu solaire. Il semble qu'elle était près de 2 fois plus élevée que le temple, mais elle s'est effondrée et il n'en reste que la base.

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Amour des arts : un travail extraordinaire tant dans les grosses pièces que dans les détails de la pierre ciselée

 

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Et enfin, l'amour humain avec une série de scènes érotiques comme l’Inde savait les représenter il y a très très longtemps. Je n'ai jamais réussi à savoir si la société de cette époque était aussi permissive et décontractée en matière de sexualité que semblent le prouver ces sculptures, et si oui, à quel moment la pudibonderie a imposé sa loi : est-ce à l’époque de l’Angleterre victorienne, ou plus tôt dans l’histoire, à l’époque des invasions mogholes et du règne des empires musulmans ?

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Et lui… qui mate !

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Bon, revenons à des plaisirs moins charnels… (dommage.. ??!!) avec le hall de la danse, magnifique aussi, bien que son toit ait été détruit.

 

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Il y a foule au Temple du Soleil ces jours-ci car les pèlerins qui se sont rendus à la Ganga Mela (un grand festival religieux près de Calcutta qui rassemble chaque année près d’un million de participants) passent par ici avant de retourner chez eux. Les groupes de Rajasthanais se succèdent. Festival de couleurs.

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Ces gens, souvent âgés, sont venus en bus de leurs villages à 1500 km au moins d'ici. Ils dorment dans des dortoirs, le plus souvent à même le sol, et se font à manger tout au long du voyage. C'est fascinant. Ils sont installés par terre à côté de leur bus avec les bouteilles de gaz ou le feu de bois, d'énormes marmites et se préparent les chapatis, le riz, le thé, bref tout !

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Mais il ne faut pas croire que c’est une question d’argent, il semble que ces gens sont de riches fermiers. Non, c’est simplement comme ça qu’ils vivent.

 

Alors quand après ça, je me plains parce que dans notre hôtel le lit est dur et la peinture écaillée à la salle de bains, c’est sûr qu’on ne vit pas sur la même planète.

 

Pendant que je vole des photos des Indiens, les Indiens nous mitraillent eux aussi.

 

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Ils sont allés jusqu’à payer un photographe professionnel du site pour poser avec nous. Extrêmement embarassant.

 

Et encore, ce qu’ils ne savaient pas, c’est que le soir même, on passait à la télé jc-tele.jpg

 

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Dans l’énervement, j’ai raté la photo de moi… de toutes façons j’étais affreuse !!!  en lunettes et pas du tout fleur parmi les fleurs ni grâce parmi les grâces...

 

Pendant qu’on était à Chandipur (là où la mer s’en va) il y avait un festival culturel, et les journalistes sont venus nous chercher à 11h du soir à l’hôtel pour nous interviewer. Ah l’apanage d’être Blanc… c’est pas fini encore tout ça… C’est pas dans notre belle France qu’on irait interroger le touriste indien qui est venu assister au Festival de jazz à Nice (par exemple). Enfin, je ne crois pas. Le regard sur le monde, de part et d’autre (moi y compris, j’en suis consciente) reste marqué par la colonisation.


Enfin, je ne sais pas, peut-être que je me trompe en disant ça... Je pose la question du moins.


Et puis, malgré tout, c'était marrant ... on aime tous passer à la télé, il paraît.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Samedi 19 janvier 2008

Des lundis pieux pour le taureau

The New Indian Express – Edition de Bhubaneswar, 14 janvier 2008

 

Du mardi au samedi, Basavanna travaille dans les champs autour du village d’Aminabhavi comme n’importe quel autre taureau. Mais le lundi, assurent les villageois, il devient pieux.

 

« Cela fait six ans que, tous les lundis, il se rend au temple et dans les monastères ; il reste debout devant les dieux jusqu’à la fin de la puja*, puis il tourne autour du temple et s’en va », raconte Virupakshappa, une habitante d’Aminabhavi.

 

La journée démarre de bonne heure pour Basavanna. Vers 6h30, il prend son bain avant de se diriger vers un monticule voisin. Là, il se tient devant les dieux et prie. Après cela, il retourne à la maison de son propriétaire pour être décoré par la famille : on lui accroche des clochettes d’argent aux cornes et on recouvre son corps d’un tissu. Ainsi orné, le taureau se rend dans les temples de la localité voisine de Marewaad, où se trouvent des temples dédiés au saint dont il porte le nom.

 

« Il choisit ensuite soigneusement quelques maisons et s’y rend pour accepter la nourriture qui lui est offerte », explique un autre habitant d’Aminabhavi qui considère que le taureau possède des dons divins. « Les propriétaires des maisons qu’il visite sont persuadés qu’ils sont bénis des dieux », ajoute-t-il.

 

Les villageois précisent que ce n’est que le lundi que Basavanna accepte d’être touché par d’autres personnes que les membres de la famille de son propriétaire.

 

« Le lundi, il se laisse toucher et vénérer. Si vous mettez un enfant à ses pieds, il le bénit en passant au-dessus de lui », assure cet habitant. Selon son propriétaire, c’est après une visite à la foire de Marewaad il y a six ans que le taureau a commencé à faire preuve de piété.

 

« Ce taureau a refusé de bouger après avoir été amené devant le chariot. Nous l'avons battu, tiré, avant d'abandonner en réalisant que cela ne servait à rien", explique-t-il.

 

Mallalah Hiremath, un prêtre du temple Basavanna, dit que le taureau refuse de partir tant qu’il n’a pas reçu un fruit à manger. Saint Basavanna, l’original, était un penseur et un réformiste social qui luttait contre l’adhésion aveugle aux rituels et aux cérémonies religieuses.

 

*puja = cérémonie religieuse hindouiste.


Cat, tu vois, je continue dans la série bestiaire... Bravo pour la fine analyse psy!


Merci pour vos compliments, un peu ironiques  quand même Dada non??? on se moque de sa maman???  Les photos de ma moitié arrivent...


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Mardi 15 janvier 2008

On est à Bhubaneshwar, capitale de l’Etat de l’Orissa depuis 2 jours. Une drôle de ville, avec d’immenses avenues toute droites partout, comme si les routes avaient été construites avant les maisons. On a cherché partout le centre pour découvrir qu'on y était ! Ca ressemble pas du tout à un centre ville, mais apparemment il n'y a pas mieux. Il y a beaucoup d’arbres et des parcs, des maisons individuelles avec des jardins, une ville verte pourrait-on dire… sauf qu’on est quand même en Inde et que le climat étant ce qu’il est, et la voirie toujours défaillante… tout ceci est poussiéreux, sablonneux, avec cette impression permanente qu'on est quelque part entre le pas fini et le déjà foutu.

 

Il y a des boutiques flamboyantes le long de ces avenues interminables (un grand Benetton à côté de l’hôtel, je rêve…) mais entre ces magasins et la route (je dirais presque l’autoroute), c’est l’Inde : les trottoirs pleins de trous, des motos garées dans tous les sens, quelques poverini en haillons et les inévitables « stalls », échoppes fixes ou roulantes qui vendent à manger, à boire, des cigarettes (par paquet ou à l’unité) et tout ce dont on peut avoir besoin.

 

Aujourd’hui on était au zoo ! oui, jc m’a emmenée au zoo pour me consoler des tigres du Bengale.

A ce propos, dans le journal d’aujourd’hui, sous le titre ‘Tiger kills man’, on lit que samedi dernier, un pauvre pêcheur de 45 ans qui se tenait sur la berge de la rivière s’est fait attraper par derrière par un tigre qui l’a traîné dans la forêt avant de le déchiqueter. Son corps à moitié dévoré a été retrouvé par les garde-forestiers. Tout ça s’est passé là où on devait faire notre fameux tour. Comme quoi, il y a vraiment des vrais tigres vraiment sauvages là-bas.

Heureusement au zoo, on ne risquait rien ! j’ai même eu droit au 'Safari combiné lion-tigre’ dans un bus poussiéreux aux vitres renforcées par des barres de fer. Ca a duré 15 mn, on a vu quelques daims et de très loin, un tigre blanc endormi dans les fourrés. Zéro lion, ce qui m’a beaucoup déçue bien sûr. A 50 centimes par tête, on n’allait quand même pas concurrencer les safaris tanzaniens.

 

Le zoo (djou, comme ils disent… you want go to djou?) proprement dit était sympa, avec des enclos assez vastes, un très joli lac, plein de tigres, des crocodiles, des rhinocéros et des hippopotames, des éléphants et des singes (en cage et en liberté) et des oiseaux. J’ai appris que les tigres blancs sont en fait des albinos, et c’est pourquoi il ont aussi les yeux bleux (pas pu vérifier, ils pionçaient à poings fermés).

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Et des espèces de buffles bizarres appelés Mithun. Préhistoriques!

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Pour les visiteurs indiens, il y avait aussi deux blancs becs au moins aussi fascinants que certains animaux sauvages.

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Et nous-mêmes on a apprécié la variété humaine. L’entrée ne coûte que 10 roupies pour les Indiens (100 pour nous - 2 €), et du coup c’est accessible à quasiment tout le monde. Il y avait plein de villageois, un défilé de saris...

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Regards, sourires, les plus hardis viennent demander d’où on vient (vich cuntri), nous serrer la louche. Dommage qu'on ne parle pas un mot de hindi. C'est vrai que dans le Nord ça manque.

 

Retour dans un bus bondé et fou, mais heureusement on était assis, et il nous a amenés direct devant l’hôtel. Trop cool.

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Comme d’habitude, tout le monde s’est occupé de nous, le bus entier savait qu’on allait à la Railway Station et on a encore dû serrer beaucoup de mains. Il faut dire que depuis qu’on a quitté Calcutta, on a aperçu en tout deux couples de touristes. Ils doivent tous être à Puri !

 

Demain départ pour Konark et le temple du soleil.

 

PS : Merci à tous pour vos commentaires et vos mails, c’est vraiment sympa. Ne vous vexez pas si je ne réponds pas trop individuellement, et surtout continuez à écrire !

 

PS2 : Allez voir le superbe site de Juju sur le cinéma indien: http://ganeshart.org/v1/

 

PS3 : Cat, on vous imagine trop bien sur le bateau à Periyar

 

PS4 : Les filles, vous avez vu ma tenue? recyclage de la robe d'été sans manche en ensemble indien dont je suis assez fière. Et ma coupe ? mon coiffeur monégasque (hum) est un yogi et un artiste

 

PS5 : Et mon fiston aussi, je lui fais la pub : http://www.triathletes.fr comme toujours

 

 

 


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Lundi 14 janvier 2008

pas eu le temps d'ecrire... alors juste une image encore de la bas ou la mer s'en va

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Et pendant ce temps le feuilleton continue... en langue odissi !

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Il faut dire que le sieur viendra en Inde le 26 janvier, et cette affaire de First Lady qui n'en est pas une preoccupe beaucoup nos amis ici...

Les journaux ici sont passionnants, j'envisage un blog special Faits divers en Inde !

En attendant voici les dieux locaux, Jagarnath, son frere dont je n'ai pas retenu le nom et sa petite soeur Subathra... (ca rappellera quelque chose aux D'Indes)
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Etonnant non ? on est tout perturbes de ne pas avoir notre Shiva ou notre Ganesh habituels. Pourtant il y a le cobra de Shiva. Une fois de plus on n'y comprend rien>


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Dimanche 13 janvier 2008

Le village de Chandipur, dans l’Etat de l’Orissa, à 200km (4h de train express) de Calcutta, n’a pas grand-chose à offrir aux touristes bengalis qui viennent ici passer quelques jours en famille, si ce n’est un phénomène maritime : deux fois par jour, la mer se retire à plusieurs kilomètres des côtes et laisse place à un immense champ de sable parsemé de flaques. La grande activité consiste donc à marcher à marée basse sur environ deux km jusqu'à des filets plantés par les pêcheurs et qui forment une grande barrière au-delà laquelle il est dangereux de s’aventurer.

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On a ainsi pu observer de près la vie des coquillages, des crabes et surtout d'une étoile de mer qui nous a démontré qu’elle était capable de se remettre sur le ventre (recouvert d'une multitude de petites 'pattes' qui lui permettent d'avancer assez vite) après que jicé l'ait démoniaquement mise sur le dos (pour les besoins de l’expérience, et non par sadisme bien entendu, hum). Après cet effort surhumain, elle s’est auto-enterrée dans le sable, on imagine pour faire un somme. Poverina.

Quand je pense qu’on n’a pas pris le tour 3 jours+2 nuits dans la réserve naturelle des Sunderbans à l'embouchure du Gange où on devait notamment voir des crocodiles et surtout les fameux tigres du Bengale... Jicé a été inflexible... la perspective de guetter les fauves depuis le bateau en compagnie d’un groupe de 25 autres touristes - indiens de surcroît (que ceux qui ne connaissent pas le touriste indien en groupe s'abstiennent de tout commentaire...) lui apparaissait insurmontable. Non, nous (?) on préfère observer les armées de crabes rouges qui s’affairent sur la plage puis, nous entendant arriver, se postent immobiles à côté de leur trou – chacun le sien et pas d’embrouille – avant de s’y enfiler à toute allure lorsque le danger se précise… et de ressortir selon la même procédure : d’abord les yeux comme des télescopes qui sortent du trou, arrêt total pour vérification, et hop ça recommence à grouiller en tous sens.

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Eux ils ont des crabes dans et moi dans mes mains j'ai des tatouages....

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Lundi 7 janvier 2008
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me revoilà, toujours enrhumée, avec mon gilet… le même que toi Lulu... le fameux gilet, Princesse... celui du soir de Noël, les z'enfants.... bien contente de l'avoir avec moi car les soirées sont fraîches début janvier à Calcutta.
 





















La preuve : même les chèvres sont habillées ! le fichu sur la tête et un sac de jute ficelé avec un bout de corde autour du ventre.
 
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INCREDIBLE INDIA
 
Bon, j'avais prepare une serie de photos mais ca a l'air impossible a charger, ca traine trop, alors ce sera pour une autre fois, on va en rester a moi et la chevre pour aujourd'hui
 
 
Les news du front maintenant : jicé a attrapé le rhume aussi. On renifle à qui mieux mieux, c’est charmant. On n’en peut plus de l’air pollué de Calcutta, surtout après déjà une semaine à Bombay qui n'est pas non plus un paradis pulmonaire (mais c'est de la gnognote par rapport à ici). Et puis, on doit bien se l'avouer, on n'est pas touchés au coeur. Oui les gens sont vraiment vraiment super, et oui Ann leurs sourires sont chavirants, au moins autant qu’au Tamil Nadu. On s’est beaucoup régalé aussi dans les restaus (40 mn de queue hier soir pour avoir une table chez Peter Cat, mais ça valait le coup !).
 
Mais trop de fumée, trop de rat(atouille)s morts sur les trottoirs, trop de poverini qui se débattent pour survivre.
 
Calcutta, ou Kolkatta, la ville de Kali, déesse de la mort et de la destruction. Tout un programme. Pas évident à concevoir pour nos esprits formatés par le monothéisme et la franche séparation du bien et du mal. L’hindouisme, lui, accepte tous les aspects de la vie – et de la mort.
 
Nous on s’échappe. On a envie de se poser, de se reposer. Direction l'Orissa, juste en dessous. On prend le train demain mardi. On laisse tomber le festival des Bauls, pas le courage d'attendre encore une semaine ici. J’ai repéré le festival du Soleil (Surya plutôt que Kali) à Konark, un autre sur une lagune et encore un festival des tribus autochtones. Tout ça en janvier. On a rencontré un russe hier qui nous a dit le plus grand bien de l’Orissa. On évitera Puri qui a la réputation de mériter son nom, ou du moins le signifié français qui y est associé.
 
De toutes façons, je le savais bien au fond de moi qu’on n’irait pas chez les Bauls… pas grave, on laisse aller... et on refait les sacs.
 
En route !
 

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Dimanche 6 janvier 2008
Arrivée à Calcutta

Voyage impeccable en 2ème classe climatisée (le luxe) dans un compartiment à quatre couchettes qu’on partage avec Ima, gentille maman de deux adorables gamins de 9 et 4 ans, qui supportent le trajet avec patience et bonne humeur. Draps, coussins et couverture fournis, ainsi que les plateaux repas (la même chose au déjeuner et au dîner, riz+dal+légumes plutôt bons et au petit déj une omelette et du pain de mie). Les vendeurs de thé, café (plutôt mauvais), d’eau, de chips passent régulièrement. Les toilettes sentent un peu le pipi mais restent propres tout du long. Il y a même des prises pour charger les tél portables (et l’ordi) mais malheureusement celles de notre compartiment ne marchent pas… Les trains indiens sont tous sans âge et rafistolés de partout, avec des fils électriques à nu et des banquettes défoncées. A se demander s’ils ont jamais des rames neuves, ou si même neuves elles paraissent déjà vieilles. En même temps, ça fonctionne, c’est hyper organisé, les résas sont totalement informatisées, les repas sont préparés dans les gares et les plateaux servis selon les commandes. En tout cas, c’est comme ça en 2nd A/C, la classe qu’on utilise habituellement parce que, si on a préféré le train à l’avion pour laisser le temps au temps et voir défiler les paysages de l’Inde, on n’a pas poussé jusqu’à voyager à la dure en 3ème classe. Chacun ses limites.

Calcutta donc. C’est la première fois qu’on vient dans ce coin et on ne sait pas trop à quoi s’attendre. L’arrivée n’est pas terrible. Depuis le taxi on découvre une ville en ruines, des miséreux partout, les taxis sont des Ambassadors jaunes comme des gros scarabées qui crachotent une fumée noire, des bus rouges et bleus à la carrosserie bosselée de partout foncent a toute blinde. Il y a aussi le tram, mais quel tram ! on dirait un jouet d'antan tout cassé, il y a une seule ligne et quasi personne dedans. On ne voit que du gris et de la poussière.

L’hôtel qu’on avait réservé (Hôtel Jaapon, on aurait dû se méfier) n’a plus qu’une chambre pourrie aux murs rose bonbon décrépis, aux draps douteux et dont la fenêtre donne sur un mur. Le tout pour 900 Roupies, c.-à-d. 18 euros, un prix ridiculement élevé pour ce trou à rat(atouille). Mais apparemment c’est partout pareil, le réceptionniste est gentil, il nous offre un café nous promet une meilleure chambre demain, on n'a pas le courage de repartir, on n'a qu'une envie : se doucher et manger. On restera une nuit.

Le lendemain on change de chaumière pour un immeuble ancien avec un hall et des escaliers immenses, un ascenseur des années 40 activé à la manivelle par un liftier qui, poverino, doit avoir 80 ans bien tapés. Ambiance très durassienne. L’hôtel occupe une partie des 4ème et 5ème étages. Les autres apparts sont habités et semblent aussi très vastes. La piaule est raisonnablement propre, 5m de plafond, deux ventilateurs, fenêtre, petit bureau, grand miroir, télé, eau chaude… pour 750 Rs, 15€. Pas donné par rapport à nos tarifs habituels mais bon, c’est la ville, il paraît ? Les draps ne sont pas assez grands pour le lit et ils en mettent deux dans le sens de la largeur pour en faire un !
Le tenancier a des lunettes en cul de bouteille et une drôle de tête mais il est sympa et vif. 
Même si les gens en général sont très très gentils, le choc malgré tout est rude. On est quelque part entre Tintin et Blade Runner. Une vision de science fiction où le téléphone portable voisine avec le Moyen-Age. Trop de différences, autant économiques que sociales et culturelles. Et toute cette saleté, j’ai toujours du mal avec ça. Bombay et Pondy sont devenues beaucoup plus propres depuis dix ans qu’on vient en Inde, mais ici on est encore loin du compte. Mes pieds sont noirs et je n’arrive plus à les récupérer parce que, catastrophe, j'ai oublié la pierre ponce. Je déteste...
Les trottoirs sont éventrés, jonchés de détritus, les caniveaux emplis d’eau saumâtre… Des vendeurs de tout et de rien s’affairent partout, squattent par terre, installent leurs stands. Des types vendent des cigarettes et des petits paquets de graines au milieu de la circulation aux automobilistes et aux passagers des bus, au péril de leur vie.
Les boutiques s’alignent les unes après les autres le long des trottoirs. Souvent, ce n’est qu’un trou aux murs noirs de fumée et de crasse qui s’ouvre sur la rue, certaines ne font pas plus d’un mètre de large. Il y a ceux qui vendent, ceux qui réparent et j’ai vu un confectionneur de beedie qui roulait les feuilles d’eucalyptus à la main.
Dans la cour d'anciens palais rongés par l'humidité et le temps, les enfants jouent au cricket avec une vieille planche en bois et les femmes actionnent des fontaines antiques pour remplir des bidons d’eau.
La vie est dure. La misère est là. On est en plein centre ville. 
La rue à côté, Park Street, est l’une des avenues principales de Calcutta. Les chambres au Park Hotel valent 150 euros la nuit. L’Oxford Bookshop est une librairie magnifique, extraordinairement bien achalandée, avec des rayonnages en bois, tout informatisée… Chez Music World, un magasin de disques ultra moderne, on acheté déjà 3 cd. On avait envie d’en acheter 30, c’était Noël, toute cette musique indienne depuis Om Nama Shivaya en dizaines de versions différentes jusqu’aux derniers tubes de Bollywood… On a mangé une Forêt Noire délicieuse chez Flury’s, un salon de thé style année 30 avec d’immenses lustres et un canapé semi-circulaire qui accueille les intellectuels et la bourgeoisie locale. On a bu un expresso en lisant la presse dans un café de la chaîne Barista, où les gens viennent avec leur portable pour profiter du wifi…

Et dans cette même Park Street, un vieil homme assis par terre mendiait en sanglotant. L’une de ces images terribles auxquelles on n’échappe pas ici en Inde.
Alors bien sûr on se repose toujours les mêmes questions : que faire, pourquoi je suis là, ça rime à quoi, comment accepter l’inacceptable….
Et puis, une autre anecdote et la vie reprend ses couleurs et la cité de la joie mérite son nom : la tong de jicé se défait en pleine rue, alors qu'on est entourés par un groupe de jeunes mendiantes qui trimballent leurs bébés morveux en ciblant les touristes dans Sudder Street, la rue où se concentrent toutes les guest-houses de routards. A éviter. Les filles, emmitouflées dans leurs châles, s’intéressent complètement à la situation, veulent aider, cherchent un outil pour remettre cette foutue tong dans son trou, se la passent de main en main. Tout le monde se marre. Finalement jicé arrive à réparer le truc mais la tong est tout de travers, et il faut tout recommencer Les filles n'en peuvent plus de rire. Elles sont tellement à l'aise, tellement joyeuses, tellement sympas... Il n'est plus question d'argent, c'est juste un moment passé ensemble. Après on leur laisse 10 roupies à se partager et du coup, un autre éclopé vient râler en disant qu'on ne donne qu'aux femmes, que lui aussi a besoin de roupies, bref il argumente… Tout comme une autre nana qui m’explique, toujours avec son mioche au bras, qu’il faut lui donner un peu à elle aussi, parce qu’elle était pas là quand ça s’est passé.

Et on repart contents. Les gens ici sont extraordinairement gentils et gais.
Sacrée leçon dans cette ville si dure par ailleurs.
 
 
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Oh une touriste....

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jc et mr. chilli... qui connait toutes les bonnes adresses pour le shopping a calcutta!


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Pas la peine de faire les fiers a Nice (et a Stras), Calcutta ne nous a pas attendus pour le tram ! Et les leurs sont en couleurs : jaune, bleu, rouge.

Bon dimanche !

PS: j'ai achete une pierre ponce, ca va mieux
PS2; j'ai un rhume carabine....avec un accent sur le e

jeudi après un voyage de 32h en train : un jour + une nuit + encore 1/2 journée pour parcourir les presque 2000 km qui séparent Bombay de la cité de la joie à la frontière du Bangladesh.

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