Après, bain de mer en tenue ad-hoc. J’ai bien mis mon maillot en dessous (une pièce, haute-protection !) mais je le sens pas trop de me déshabiller. Alors trempette indienne. Pas marrant d’être une femme en Inde… même pas le droit de profiter de la mer.
Idyllique, disais-je ????
Euh… les plages idylliques en Inde, si vous en connaissez, faites-moi savoir. Parce qu’il y a toujours quelque chose qui cloche dans le décor paradisiaque.
Ici ce sont les cadavres de tortues de mer qui se font prendre dans les filets des pêcheurs ou heurter par les bateaux et qui viennent mourir sur la plage. C’est la saison de la ponte et normalement elles devraient venir par milliers la nuit déposer leurs œufs ici.
Quand on y était il y a 3-4 jours, il n’y en avait que quelques-unes, dans différents états de décomposition (eh oui, India, la vie, la mort toujours) mais j'ai lu aujourd'hui que depuis, des milliers étaient venues s'échouer exactement là sur cette plage. Et que les corbeaux et les chiens se régalaient, mais l'odeur pestilentielle avait fait fuir les touristes.
Histoire de se remettre, on se dirige vers le village de pêcheurs
et elle….
Avec tous ces poissons qui sèchent, l’odeur est pas terrible…
L’ambiance n’est pas terrible non plus. Les huttes sont rudimentaires, juste des feuilles de palmes tressées, les gamins morveux, les regards peu amènes.
Un chameau de plage… pour promener les touristes le long du rivage. Quand je dis touristes, il faut bien avoir en tête qu'il s'agit des touristes indiens, très nombreux sur cette côte de l'Orissa.
On se retrouve vite avec quelques gamins qui demandent school pen et autres rupias… C'est pas souvent que ca arrive, et tres vite on fait connaissance, ils parlent à peine anglais.
Celui-ci ne parle aucune langue, il a une malformation quelque part et articule des sons bizarres. Ce qui ne l’empêche pas d’être très communicatif et d’arriver à se faire comprendre sans problème.
P’tit dur…
Trop contents de faire les keks.
Il semble qu’il s’agit d’une communauté de pêcheurs venus de l’Etat voisin, l’Andra Pradesh car les gens de l’Orissa sont davantage
tournés vers le travail de la terre que vers la mer. On nous a dit que l'argent ne manquait pas car la pêche est bonne, mais que les conditions de vie restent déplorables. Alcool, manque
d'éducation, certainement aussi stigmatisation (ce sont des 'étrangers'), le cocktail habituel. Et les victimes habituelles aussi, femmes et enfants (qui participent et reproduisent le schéma).
Décourageant…Et tellement dommage, ces gamins sont si vifs, si curieux, si ouverts. On a envie qu'ils aient leur chance dans la vie.
Demain peut-être, l'avenir sera meilleur pour eux
aussi. On l'espere tres fort.
Commentaires Récents