La semaine entre notre départ de Puri le dimanche 27 janvier et notre arrivée à Hampi le dimanche suivant a bien failli sonner le glas de notre love story avec mother India. Elle a certainement porté un coup à notre grande passion inconditionnelle...
Le voyage qui, jusque là avait connu des hauts et des bas, s’est soudain transformé en une fuite de ville en ville, avec des heures et des heures de train et à chaque étape la déception, et le sauve-qui-peut vers la prochaine destination.
LA MONTAGNE
L’expédition dans les montagnes à la rencontre des populations tribales du sud de l’Orissa s’est interrompue à 4h de train + 2h de voiture du but.
On a quitté Puri à 9h du matin sous la pluie et avec un billet pour Vizanagram alors qu’on devait aller à Vizakhapatnam : on avait confondu, enfin surtout moi, au moment d'acheter le billet. Achat qui avait d'ailleurs donné lieu aux habituelles récriminations de notre part et à la bataille avec les Indiens, les rois de la resquille dans les queues, notamment à la gare. Il faut littéralement se coller à son prédécesseur pour éviter que quelqu’un d’autre ne se glisse sans vergogne dans le moindre interstice de la file. Après, au moment d'arriver au guichet, ils attaquent latéralement, en tendant l’argent à travers le trou au guichetier. Bref, ils utilisent tous les subterfuges possibles pour passer avant les autres, ce qui nous met dans une colère noire. Jicé tonne ‘There is a queue’, moi je les pousse. C’est horrible, parce qu’en même temps on se sent tellement ridicules, mais on n’arrive pas non plus à se laisser faire. Entre eux, la plupart du temps, ils s’en arrangent, mais parfois aussi, ça grogne et ça gueule.
Vizag
Le billet prolongé dans le train, le voyage se passe plutôt bien, et on arrive à Vizag (prononcer Vaizag) à 17h30. On réserve auprès de l’office de tourisme dans la gare une chambre pour la nuit suivante dans un site d’écotourisme, recommandé par le book, qui loue des bungalows en pleine forêt. Bien sûr, rien n'est simple, le mec prétend d'abord qu'il ne peut pas le faire et qu'il faut aller au siège, puis il change de prétexte et nous dit que le site est complet avant de nous proposer le tour organisé avec train, bus, musée, grottes et danses tribales. Finalement, les choses se résolvent et on obtient notre résa. Par contre pour le train il faudra revenir demain matin.
On se cale dans un hôtel décent mais ni beau ni agréable ni spécialement propre ni même pas cher. Son seul avantage est d’être à 10 mn de la gare et comme le train pour « la montagne » part le lendemain matin à 6h45… Son grand désavantage, qu’on découvrira plus tard, c’est le bruit. Jusque là, je croyais à une règle générale selon laquelle en Inde, entre disons 23h et 5h du matin, c’était calme partout, même dans les grandes villes… Et bien, à Vizag, ce n’était pas le cas. Camions, bus, rickshaws, motos, ils étaient tous là à vrombir, à klaxonner, à pétarader sous notre fenêtre sans relâche toute la nuit. Un cauchemar.
Le quartier alentour est glauque, on prend un rickshaw pour aller au bord de mer, suivant les recommandations du book et du réceptionniste. Naïvement, on pense y trouver des petits restaus sympas, on a FAIM car le repas du train était tellement dégueulasse qu’on n’a rien mangé de la journée. La promenade le long de la plage est effectivement noire de monde, mais de restaurant nada, juste des vendeuses de maïs grillé (Jicé déteste le maïs, surtout grillé, surtout depuis notre voyage au Mexique – ça c’est pour Martine) et de cacahuètes (il n’aime pas les cacahuètes en Inde). Pfff… j’ai pas une vie facile…. On finit par manger un curry pas trop mauvais dans une assiette en carton, debout devant un supermarché.
Et après, on rentre pour passer la nuit de rêve décrite plus haut dans le palace de notre choix…
En résumé, très mauvaise impression de Vizag. On est contents de partir.
Jungle Bells (les anglophones apprécieront le nom)
Arrivée à la gare à 6h, il fait encore nuit noire, mais la queue aux réservations est impressionnante. Il y a une file réservée aux femmes, et six autres pour les hommes. La file des femmes est malheureusement doublée d'une autre file ‘sauvage’, d'hommes, qui bien sûr passent avant les femmes, qui bien sûr laissent faire. Résultat : la file des femmes s’allonge s’allonge, alors que les autres files évoluent normalement. Bien sûr, ça m'agace prodigieusement. Mais what to do?
Enfin on est installés dans le train qui, au bout d’une heure, commence à monter dans les collines. Les
paysages sont très sympas, la voie ferrée est suspendue au-dessus du vide, dans chaque tunnel les Indiens hurlent, ils adorent les tunnels, c'est une vraie folie.
On est supposés sortir à une gare nommée Tyda à 11h selon l'office du tourisme, 10h selon le contrôleur. Bon... on fait plutôt confiance au contrôleur. Logique.
Sauf que, on est en Inde, et pas en Suisse (malgré les montagnes). A 8h55, à la faveur d'une courbe, Jicé
qui, en bon fils de cheminot, aime à voir la locomotive à l’occasion des virages de la voie, se rend compte que la gare minuscule dans laquelle on arrive porte un panneau Tyada ! avec
un ‘a’ de plus que sur le billet.. et une heure (voire 2) d'avance sur l'horaire! Panique, les sacs sont sous les sièges, le train est déjà presque à l'arrêt. Vite vite on attrape toutes nos
affaires, on ne sait même pas quoi demander, comment expliquer qu'on cherche Tyda et non Tyada. Le train s'arrête, quelques passagers montent, vite on leur demande 'Jungle Bells', Yes Yes, c’est
bien là. On descend, le train repart aussitôt, et on se retrouve sur ce quai désert, au milieu de vraiment nulle part. Heureusement un couple d'Indiens est descendu aussi et on nous dit de les
suivre. Il faut alors marcher jusqu'au bout du quai, traverser les rails et suivre la voie ferrée sur un sentier de terre pendant 5mn, jusqu'au tunnel, et là un autre chemin monte vers la
route.
Encore 5-10 mn sur la route, et voilà notre havre !
Le bungalow est sympa, vaste et propre.
Propre oui... mais les draps reservent quelques surprises, lol !
Le restau ouvert sur la forêt offre une cuisine délicieuse, mais il n’y a vraiment rien à faire à Jungle Bells, qui accueille principalement des jeunes couples de la middle classe indienne en
route pour les stations de montagne plus haut. La seule activité prévue est une promenade guidée entre 6h et 7h30 du matin ! Je pense que l'heure a été choisie de manière à s’assurer que
personne n’y viendra. N’oublions pas qu'il s'agit d'un site géré par le gouvernement. La notion de service n’est pas encore très développée dans ce type d’endroits, même si celui-ci était très
bien tenu.
La vue depuis la 'salle a manger' ouverte aux quatre vents :
Le Club vosgien n’est pas venu baliser les chemins, et il ne nous reste donc que la route à arpenter. Chaque véhicule qui passe y va de son coup de klaxon, conformément aux règles de conduite locales consistant à avertir le piéton de l’arrivée d’un engin motorisé. Au 2ème virage, on trouve un camion renversé, en équilibre précaire sur deux roues, maintenu par des barres de fer. Un vieil homme très maigre est en train de décharger d’énormes sacs de jute. Le chargement du toit a glissé vers le sol, mais reste néanmoins fixé par des cordes. Deux autres types et un gamin sont installés à côté sur la route, ils se sont fait à manger et semblent installés pour un moment. Des chiens rôdent autour d’eux. Sale ambiance. On suppose qu’ils attendent des secours. On passe notre chemin.
Plus loin, on tombe sur une bande de singes. Les plus petits s’enfuient et nous fixent depuis derrière un muret, mais les deux gros ne se dégonflent pas à notre approche. Au contraire, ils grognent et nous montrent les dents. Ambiance… On passe genre décontractés, tout va bien. Après on se rendra compte que les gens se déplacent avec des bâtons car les singes attaquent facilement les personnes isolées en espérant trouver de la nourriture.
Tout ça nous décourage et on laisse tomber les activités pour aller se réfugier dans notre cabanon. On discute un peu avec le couple d’Indiens qui sont arrivés en même temps que nous par le train. Lui est chrétien, très noir de peau, elle est plus claire, hindouiste. Ils se sont connus à la fac. C’est un ‘love marriage’, mais ses parents à elle ne l’ont pas accepté. Son père refuse de lui parler et elle ne peut voir sa famille qu’en dehors de la maison… Mais elle est contente de son choix, et apparemment les choses vont plutôt bien pour eux. Ils nous convainquent de nous arrêter le lendemain à 2h de là dans une petite ville 'charmante' et beaucoup plus intéressante.
La nuit aurait pu être calme, si Jicé n’avait pas eu une crise de froid polaire complètement saugrenue. Il fait 20° dans la cabane, mais il n’arrivera finalement à s’endormir que totalement habillé, avec les chaussettes, le pantalon, deux t-shirts,le gilet en laine + une veste en coton, un châle et bien sûr la couverture… Je crains le pire, demain il a 40° de fièvre et on est coincés ici. Je perds patience et courage. Mais qu’est-ce qu’on fout ici ? Pourquoi tant d'emmerdements ?
Mais finalement au matin, tout est rentré dans l’ordre et on se dirige vers la petite gare, contents une fois de plus de repartir.
On arrive avec 15 mn d'avance, le temps d’acheter le ticket, mais lorsqu'on se retrouve sur le petit sentier, de l'autre côté des rails donc, un train de marchandises interminable est arrêté sur la voie. Que faire ? attendre… De toutes façons le tunnel est à voie unique , et tant que ce train est là, le nôtre ne peut pas arriver. Au bout de 5mn, teuf teuf, poussivement l’engin se remet en marche… pour faire quelques dizaines de mètres et s’immobiliser à nouveau. Désespoir.
Mais le pire reste à venir : un autre train de marchandises (55 wagons, je les ai comptés) arrive dans l'autre sens et s'arrête lui aussi en plein milieu de notre passage. Deux Indiens nous montrent l'exemple en traversant SOUS les wagons. Je refuse tout net d'en faire autant... avec le sac sur le dos en plus!
Et c’est là qu’on voit le machiniste descendre, s’avaler un café avec des idlis dans une cahute, avant de repartir avec le casse-croûte et la tasse du conducteur du train. Ce train (n°2 - le n°1 est toujours bloqué de l'autre côté) avance lui aussi de quelques dizaines de mètres et l'opération petit-déj se répète pour les machinos de la locomotive arrière.
Au bout d’une demi-heure enfin, les deux trains dégagent la voie et on peut traverser… pour apprendre que notre train a du retard et ne sera là que dans 20 mn (qui se transformeront finalement en 50 mn).
Et dire qu’il aurait suffi de prendre le bus qui passe toutes les heures !
NB; si vous avez eu le courage d'aller jusque la... bravo ! j'ai beaucoup ecrit... trop ?
j'ai enfin trouve une bonne connexion Internet. le type est affreux mais la ligne est speed. si j'avais su, j'aurai prevu plus de photos, sorry.. La suite bientot, et surtout promis jure
des photos de Hampi pour les d'indes en particulier.
On n'a pas eu de probleme pour trouver nos places dans le train, non...
Martine, le maillot c'etait au cas ou je me sentais d'enlever la robe pour aller me baigner. Ben non je me suis pas sentie. On espere que tu
trouveras ton bonheur a Puerto Angel. C'est ca les voyages... pas des vacances tous les jours !
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